Eau de piscine verte : remèdes de grand-mère et protocole complet pour retrouver une eau claire

Une eau de piscine verte signale généralement une prolifération d’algues due à un déséquilibre chimique et une filtration insuffisante. Le rattrapage efficace combine diagnostic rapide, nettoyage mécanique, rééquilibrage de l’eau et traitement désinfectant adapté. Concrètement : testez pH et TAC, brossez parois et fond, lancez la filtration en continu 24-48h, effectuez un traitement choc (chlore ou oxygène actif selon situation), nettoyez le filtre, puis ajoutez un floculant si nécessaire.
Ce que vous allez maîtriser :
- Identifier si votre eau verte vient d’algues ou de métaux (cuivre)
- Utiliser correctement les remèdes de grand-mère (bicarbonate, vinaigre) pour l’équilibre chimique
- Appliquer le protocole complet de rattrapage étape par étape
- Éviter les erreurs qui aggravent le problème ou retardent la récupération
Eau verte d’algues ou eau verte translucide : diagnostic rapide
Toutes les eaux vertes ne se traitent pas de la même façon. Un diagnostic initial évite les traitements inadaptés.
Eau verte opaque avec parois glissantes = prolifération d’algues
- Couleur vert foncé à vert-brun selon densité d’algues
- Parois et fond glissants au toucher (biofilm algal)
- Eau trouble, visibilité nulle au-delà de 30-50 cm
- Odeur parfois désagréable (matière organique en décomposition)
Eau verte translucide = présence de métaux (généralement cuivre)
- Couleur vert clair à émeraude, eau relativement transparente
- Parois non glissantes, pas de dépôt visqueux
- Apparition après ajout d’algicide cuivré ou corrosion tuyauterie cuivre
- Confirme avec test spécifique métaux lourds (bandelettes ou photomètre)
Pour une eau verte métallique (cuivre), le protocole diffère : ajustez le pH à 7,2-7,4, ajoutez un séquestrant métaux (anti-calcaire spécifique), filtrez 48-72h en continu, évitez absolument le chlore choc qui précipite les métaux. Le reste de cet article traite uniquement du cas le plus fréquent : eau verte d’algues.
Remèdes de grand-mère pour piscine verte : ce qu’ils font vraiment
Les remèdes naturels circulent abondamment sur internet. Certains apportent une aide ponctuelle pour l’équilibre chimique, d’autres relèvent du mythe.
Bicarbonate de soude : régulateur de TAC, pas un algicide
Le bicarbonate de soude (bicarbonate de sodium) augmente l’alcalinité totale (TAC) de l’eau. Un TAC correct (80-120 mg/L) stabilise le pH et évite ses variations brutales qui favorisent les algues.
Dosage : 1,8 kg de bicarbonate pour 10 m³ augmente le TAC de 10 mg/L environ.
Utilisation correcte : si vos tests révèlent un TAC trop bas (< 80 mg/L), le bicarbonate rééquilibre l’alcalinité. Versez-le en pluie sur toute la surface, filtration en marche, attendez 12h et retestez.
Ce qu’il ne fait PAS : le bicarbonate ne tue aucune algue, ne désinfecte pas l’eau et ne remplace jamais un traitement choc. Considérez-le comme un ajusteur d’équilibre préalable, pas comme un traitement curatif de l’eau verte.
Vinaigre blanc : baisse de pH d’urgence avec précautions
Le vinaigre blanc (acide acétique 8-12 %) abaisse le pH trop élevé (> 7,6). Un pH élevé réduit l’efficacité du chlore de 50 % ou plus, laissant les algues proliférer.
Dosage approximatif : 1 litre de vinaigre pour 10 m³ baisse le pH de 0,2 environ (varie selon TAC).
Utilisation correcte : en dépannage temporaire si vous n’avez pas de pH- disponible immédiatement. Versez le vinaigre dilué dans un seau d’eau, répartissez en périphérie, filtration active. Retestez 6h après.
Limites importantes : le vinaigre introduit des matières organiques qui nourrissent potentiellement les algues. Utilisez-le en dernier recours, jamais en routine. Privilégiez toujours un correcteur de pH spécifique piscine (acide sulfurique ou bisulfate de sodium) pour un contrôle précis.
Oxygène actif et peroxyde d’hydrogène : alternative au chlore
L’oxygène actif (peroxyde d’hydrogène stabilisé ou peroxycarbonate) désinfecte sans chlore. Certains le considèrent « naturel » car il se décompose en eau et oxygène.
Utilisation en traitement choc : dosage généralement 5-10 fois la dose d’entretien (vérifiez notice produit). Versez en périphérie, filtration 24h minimum.
Avantages : aucune odeur, compatible piscines intérieures, pas de stabilisant résiduel, efficace sur algues vertes jeunes.
Inconvénients : moins puissant que le chlore choc sur infestations massives, coût nettement supérieur, nécessite pH < 7,4 pour efficacité optimale, durée d’action courte (3-4h).
L’oxygène actif convient aux petites piscines (<30 m³) avec verdissement léger ou aux bassins où le chlore est proscrit (certaines allergies, compatibilité liner spécifique).
Protocole complet de rattrapage d’une eau de piscine verte aux algues
Étape 1 : Tests chimiques et ajustements préalables
Testez impérativement pH, TAC et chlore libre avant tout traitement. Utilisez bandelettes multi-paramètres ou testeur gouttes pour des résultats fiables.
Objectifs à atteindre avant traitement choc :
- pH : 7,2-7,4 (crucial pour efficacité désinfectant)
- TAC : 80-120 mg/L (stabilise le pH)
- Chlore libre : proche de 0 si piscine verte depuis plusieurs jours (chlore consommé par matière organique)
Corrections : ajoutez bicarbonate si TAC < 80, ajoutez pH- si pH > 7,4, ajoutez pH+ si pH < 7,0. Attendez 6-12h entre ajustement et traitement choc pour laisser les produits se diffuser.
Étape 2 : Nettoyage mécanique intensif
Brossez vigoureusement toutes les parois, escaliers, ligne d’eau et fond avec une brosse adaptée (poils durs pour liner, plus souples pour carrelage délicat). Ce brossage décolle le biofilm algal et expose les algues au désinfectant.
Passez l’aspirateur manuel sur le fond en position « égout » ou « waste » pour évacuer directement sans passer par le filtre (qui se colmaterait instantanément). Acceptez la perte d’eau temporaire : vous complèterez après le traitement.
Retirez manuellement les gros débris (feuilles, insectes) avec une épuisette. Nettoyez ou remplacez le panier de skimmer.
Étape 3 : Filtration continue 24-48h minimum
Basculez la filtration en mode manuel continu (outrepassez l’horloge si nécessaire). La filtration doit tourner non-stop pendant 24 à 48h selon la sévérité du verdissement.
Pourquoi continu ? Le traitement choc va tuer les algues, mais leurs résidus morts restent en suspension. Seule une filtration prolongée capture ces particules et clarifie progressivement l’eau.
Vérifiez la pression du filtre toutes les 6-8h. Une pression anormalement haute signale un colmatage : effectuez un contre-lavage (backwash) immédiat, puis reprenez la filtration.
Étape 4 : Traitement choc adapté à la situation
Chlore choc (hypochlorite de calcium ou dichloroisocyanurate) :
- Dosage : 2 à 4 fois la dose normale selon gravité (généralement 150-300 g pour 10 m³)
- Avantages : très puissant, élimine même infestations massives, coût modéré
- Précautions : pH préalablement ajusté à 7,2-7,4, dilution dans seau avant versement, personne dans l’eau pendant 48-72h
- Compatible avec tous systèmes de filtration
Oxygène actif (peroxyde ou peroxycarbonate) :
- Dosage choc : 5-10x dose entretien (vérifiez étiquette produit)
- Avantages : pas de chlore, pas d’odeur, baignade possible 12-24h après
- Limites : efficacité moindre sur algues installées, coût élevé (3-5x plus cher que chlore)
- Nécessite pH < 7,4 impérativement
Versez le traitement choc en fin de journée (UV solaires dégradent les oxydants) en répartissant sur tout le périmètre, filtration déjà en marche. Ne vous baignez pas avant disparition complète du désinfectant actif (tests).
Étape 5 : Nettoyage et entretien du filtre
Après 12-24h de filtration, effectuez un contre-lavage (filtre à sable ou à verre) ou nettoyage complet (filtre à cartouche) :
Filtre à sable/verre : contre-lavage 3-5 minutes, rinçage 1 minute, reprise filtration. Répétez tous les 12h tant que l’eau reste trouble.
Filtre à cartouche : démontez, rincez au jet haute pression, trempez 12h dans solution détartrante spécifique, rincez à nouveau, réinstallez. Pour verdissement sévère, remplacez la cartouche si rincage insuffisant.
Un filtre saturé d’algues mortes perd 60-80 % de son efficacité. Ce nettoyage régulier conditionne la vitesse de récupération de l’eau.
Étape 6 : Floculant ou clarificateur selon type de filtre
Une fois le traitement choc effectué et la filtration en cours, ajoutez un floculant (filtre à sable uniquement) ou un clarificateur (tous types de filtres).
Floculant (sulfate d’aluminium ou polymères) : agglomère les particules fines (algues mortes) en amas capturables par le sable. Dosage : 50-100 g pour 10 m³. Versez devant refoulement, filtration 24h non-stop, contre-lavage dès pression excessive.
Clarificateur (polymères cationiques) : améliore transparence sans modifier filtration, compatible cartouche et diatomées. Dosage : selon notice (généralement 100-200 mL pour 10 m³).
Ne mélangez jamais floculant et traitement choc simultanément : attendez 12h minimum après le choc.
Mythes et réalités sur les remèdes naturels pour piscine verte
Mythe : « Le bicarbonate tue les algues » Réalité : Le bicarbonate de soude régule uniquement l’alcalinité (TAC). Il ne possède aucune propriété algicide ou désinfectante. Une piscine verte avec TAC parfait reste verte sans désinfectant.
Mythe : « Le vinaigre blanc nettoie l’eau verte » Réalité : Le vinaigre baisse le pH, ce qui peut indirectement améliorer l’efficacité du chlore. Mais il n’élimine pas les algues lui-même et introduit des matières organiques consommant du désinfectant.
Mythe : « Le sel de table rattrape une piscine verte » Réalité : Le sel ordinaire (chlorure de sodium) n’a aucun effet sur les algues sauf dans un système à électrolyse spécifique produisant du chlore. Verser du sel dans une piscine classique est inutile et déséquilibre la salinité.
Mythe : « Laisser la piscine au soleil tue les algues » Réalité : Les UV solaires dégradent le chlore mais favorisent paradoxalement la photosynthèse des algues vertes. Une piscine verte exposée au soleil sans traitement empire rapidement.
Réalité confirmée : « L’équilibre chimique prévient 80 % des problèmes » Un pH stable (7,2-7,4), un TAC correct (80-120 mg/L) et un taux de désinfectant résiduel (chlore libre 1-3 mg/L) empêchent la quasi-totalité des proliférations algales. Les remèdes de grand-mère aident à maintenir cet équilibre, mais ne remplacent jamais la désinfection.
Prévention après rattrapage : éviter le retour de l’eau verte
Une fois l’eau redevenue claire et les paramètres rééquilibrés, maintenez cette qualité par une routine rigoureuse.
Tests hebdomadaires minimum
Testez pH et chlore libre 1 à 2 fois par semaine en saison (juin-septembre), 1 fois toutes les 2 semaines hors saison. Testez TAC mensuellement. Corrigez immédiatement tout écart : pH > 7,6 ou chlore < 1 mg/L favorisent les algues en 48-72h.
Filtration adaptée à la température
Plus l’eau est chaude, plus les algues prolifèrent rapidement. Règle pratique : temps de filtration quotidien (en heures) = température eau (°C) ÷ 2.
Exemples : eau à 20°C → 10h filtration/jour ; eau à 28°C → 14h filtration/jour. En période de canicule (30°C+), envisagez 16-18h ou filtration continue.
Stabilisant (acide cyanurique) : protection du chlore
Le stabilisant protège le chlore de la dégradation UV solaire. Taux idéal : 30-50 mg/L pour piscine extérieure. Testez 2-3 fois par saison avec bandelettes spécifiques.
Attention : un excès de stabilisant (> 75 mg/L) bloque l’efficacité du chlore. Aucun produit ne retire le stabilisant : seul un renouvellement partiel d’eau (30-50 %) corrige le problème. Utilisez du chlore non stabilisé (hypochlorite) si votre taux approche déjà 60 mg/L.
Traitement préventif algues
Ajoutez un algicide préventif (ammonium quaternaire) toutes les 2 semaines en dosage entretien (50-100 mL pour 10 m³). Ce produit crée un film biocide qui ralentit la fixation des algues.
Ne remplacez jamais la chloration normale par l’algicide seul : ils agissent en synergie, pas en substitution.
Eau de piscine verte : erreurs courantes qui retardent le rattrapage
Traiter sans tester le pH : un pH à 8,0 réduit l’efficacité du chlore de 70 %. Votre traitement choc est alors 3 fois moins puissant. Toujours ajuster pH à 7,2-7,4 AVANT le choc.
Sous-doser le traitement choc : par peur de « mettre trop de chlore », certains divisent les doses par deux. Résultat : les algues survivantes recolonisent en 24-48h. Respectez scrupuleusement les dosages indiqués pour verdissement sévère.
Arrêter la filtration la nuit : « pour économiser l’électricité » pendant le rattrapage. Les 48h de filtration continue sont non négociables. Une interruption de 8h permet aux algues mortes de redécanter au fond.
Négliger le nettoyage du filtre : un filtre colmaté tourne à vide sans capturer les particules. Contre-lavez dès que la pression augmente de 0,3 bar par rapport à la normale.
Se baigner trop tôt : même si l’eau redevient bleue après 24h, le taux de chlore actif reste élevé (5-10 mg/L post-choc). Irritations cutanées et oculaires garanties. Attendez que les tests confirment un taux < 3 mg/L avant baignade.
Oublier de compenser l’évaporation et le rejet : aspirer en position « égout » et les contre-lavages font perdre des centaines de litres. Complétez le niveau avec de l’eau neuve et retestez les paramètres après remplissage (l’eau du robinet modifie pH et TAC).
