Cloportes dans la maison : pourquoi ils entrent et comment s’en débarrasser durablement

Si vous trouvez des cloportes dans votre maison, la cause est presque toujours la même : un excès d’humidité quelque part. Les cloportes sont des crustacés terrestres qui ne survivent qu’en milieu humide — sans humidité, ils meurent en quelques heures. Leur présence à l’intérieur est un signal que votre logement offre les conditions idéales : humidité, obscurité, et accès facile depuis l’extérieur.
Trois actions prioritaires à mettre en œuvre :
- Identifier et traiter la source d’humidité (fuite, condensation, infiltration, vide sanitaire).
- Colmater les voies d’entrée (fissures, joints, passages de tuyauterie).
- Assécher les zones infestées et poser une barrière préventive.
Ce que vous allez trouver dans cet article :
- Les causes principales de la présence de cloportes à l’intérieur.
- Un diagnostic humidité rapide à faire vous-même.
- Un plan d’action sur 48h, 7 jours et 30 jours.
- Les solutions rapides et les traitements durables.
Pourquoi les cloportes entrent dans votre maison
Les cloportes ne cherchent pas à coloniser votre intérieur : ils y entrent par accident, attirés par l’humidité et la matière organique en décomposition. Comprendre leur logique d’entrée permet de couper le problème à la source.
L’humidité est la cause n°1. Un mur présentant des remontées capillaires, une cave mal ventilée, un vide sanitaire humide, une fuite d’eau non détectée sous un évier ou derrière une machine à laver — toutes ces situations créent les conditions idéales. Les cloportes remontent naturellement vers la chaleur et l’humidité, notamment en automne lorsque les températures extérieures baissent.
Les voies d’entrée sont nombreuses. Une fissure dans un mur de fondation, un joint de porte abîmé, un passage de tuyauterie non colmaté, une trappe de vide sanitaire mal ajustée : les cloportes mesurent entre 5 et 20 mm et passent par n’importe quelle ouverture.
La matière organique les retient. Si vous stockez du bois de chauffage humide contre une façade, un bac à compost mal couvert, des feuilles mortes accumulées en angle — vous créez un gîte d’étape à quelques centimètres de votre maison. Les cloportes se reproduisent dans ces zones et cherchent ensuite à rentrer.
La mauvaise ventilation aggrave tout. Une VMC défaillante, une salle de bain sans extraction efficace, un sous-sol sans aération — le taux d’humidité monte, les parois se condensent, et les conditions deviennent attractives.
Diagnostic humidité : identifier la vraie source en 20 minutes
Avant de traiter les cloportes, localisez l’humidité. Parcourez méthodiquement ces zones :
| Cause | Indice | Action | Priorité |
|---|---|---|---|
| Fuite d’eau (plomberie) | Traces d’eau sous évier, mur humide | Plombier ou colmatage rapide | Urgente |
| Condensation / VMC | Buée persistante, moisissures coins | Nettoyer bouches VMC, aérer | Haute |
| Cave/vide sanitaire humide | Odeur de terre, murs suintants | Aération, drainage ou membrane | Haute |
| Remontées capillaires | Taches basses sur murs, salpêtre | Barrière hydrofuge, drainage | Moyenne |
| Bois/compost à proximité | Cloportes en masse à l’extérieur | Éloigner les sources, couvrir | Haute |
| Infiltration (toiture/façade) | Taches après pluie | Expert toiture/façade | Haute si récurrente |
Checklist diagnostic humidité :
- Cave ou vide sanitaire : murs suintants ? Sol mouillé ? Odeur de moisi ?
- Sous les éviers et derrière les appareils sanitaires : traces d’eau ou moisissures ?
- Bords de fenêtres et portes : condensation récurrente ? Joints détériorés ?
- Angles de pièces en bas des murs : taches, décollements, salpêtre ?
- Bouches VMC : encrassées, débit insuffisant (test feuille de papier) ?
- Extérieur immédiat : bois, compost, feuilles contre la façade ?
Plan d’action 48h / 7 jours / 30 jours
Dans les 48 heures — éliminer les cloportes présents et bloquer les accès
Aspirez ou ramassez les cloportes visibles. Inutile de les tuer : une fois l’humidité traitée, ils disparaissent d’eux-mêmes. Si vous souhaitez créer une barrière immédiate, saupoudrez de la terre de diatomée (poudre de fossiles microscopiques, sans toxicité pour l’homme et les animaux) dans les zones de passage — sous les plinthes, en bordure de cave, autour des passages de tuyauterie. Elle déshydrate les cloportes par contact.
Colmatez les entrées visibles : appliquez un joint silicone sous les portes et fenêtres, bouchez les fissures au bas des murs avec un mortier de réparation, calfeutrez les passages de tuyauterie avec de la laine de verre ou du plâtre de finition.
Dans la semaine — traiter l’humidité à la source
Si une fuite est identifiée, réparez-la. Si la VMC est encrassée, nettoyez ou remplacez les bouches d’extraction et vérifiez le débit. Sortez le bois stocké à l’intérieur ou sous un abri couvert, à distance de la façade. Éloignez le bac à compost d’au moins 3 mètres de toute entrée.
Pour la cave ou le vide sanitaire : installez des aérations si elles sont absentes, vérifiez que les aérations existantes ne sont pas bouchées. Un vide sanitaire correctement ventilé ne doit pas dépasser 65 à 70 % d’humidité relative.
Dans le mois — assèchement durable et prévention
Si les murs présentent des remontées capillaires, envisagez une injection de résine hydrofuge dans les fondations — une solution durable mais qui nécessite un professionnel. Pour une solution intermédiaire, un enduit de ragréage hydrofuge à la base des murs réduit la remontée visible sans traiter la cause.
Pour un vide sanitaire chroniquement humide, une membrane pare-vapeur posée sur le sol (polyane épais, 200 microns) réduit considérablement l’évaporation de l’humidité du sol vers l’habitat.
Appliquez un traitement anti-humidité sur les surfaces en cave et posez des pièges à cloportes (boîtes humides en carton ou récipients à demi-enterrés avec de la bière ou du lait) pour surveiller l’activité résiduelle.
Solutions rapides : ce qui fonctionne sans traiter l’humidité
Ces solutions ne règlent pas le problème de fond, mais elles réduisent la nuisance en attendant de traiter l’humidité ou pendant les travaux.
Terre de diatomée : efficace sur les surfaces sèches. Elle perd son action si l’humidité est trop élevée — c’est aussi un bon indicateur : si la poudre fait des paquets, l’humidité est trop forte pour qu’elle agisse correctement.
Sel de cuisine : posé en ligne sur les voies de passage, il déshydrate les cloportes par osmose. Efficace à court terme mais instable (se dissout avec l’humidité).
Insecticides de contact (pyréthrines naturelles ou produits du commerce) : utilisables en traitement ponctuel. La pulvérisation sous les plinthes, dans les joints et en bas des portes crée une barrière chimique. À renouveler régulièrement si le problème persiste.
Déshumidificateur électrique dans les pièces humides : abaisse rapidement le taux d’humidité, ce qui rend le milieu hostile aux cloportes. Complément efficace d’un traitement de fond.
Les cloportes sont-ils dangereux ? Ce qu’il faut savoir
Non, les cloportes ne sont pas dangereux pour l’homme ni pour les animaux domestiques. Ils ne piquent pas, ne mordent pas, ne transmettent pas de maladies et ne s’attaquent pas aux structures du bâtiment. Ils se nourrissent de matière organique en décomposition (bois mort, feuilles, champignons) et contribuent au recyclage naturel dans les écosystèmes extérieurs.
À l’intérieur, ils constituent une nuisance visuelle et signalent un problème d’humidité — c’est leur seul vrai danger : ne pas traiter le signal qu’ils envoient. Une présence persistante malgré les mesures préventives indique que l’humidité n’est pas résolue.
Quand appeler un professionnel pour en finir avec les cloportes
Si malgré le colmatage des entrées et le traitement de l’humidité visible, les cloportes réapparaissent régulièrement, c’est qu’une source d’humidité non détectée persiste. Plusieurs situations justifient de faire appel à un expert :
- Remontées capillaires importantes sur plusieurs murs ou sur toute la hauteur d’une pièce en sous-sol.
- Infiltration par la toiture ou la façade avec dégâts récurrents après la pluie.
- Vide sanitaire inaccessible ou dont l’état ne peut pas être évalué sans intervention spécialisée.
- Présence de termites ou de champignons lignivores dans la charpente ou le plancher bas — les cloportes peuvent accompagner ce type d’infestation dans les bois humides.
Un diagnostiqueur humidité ou un bureau d’étude spécialisé peut identifier la source précise par thermographie ou mesure d’humidité dans les parois. Le coût du diagnostic est largement inférieur au coût des dégâts non traités sur plusieurs années.
